Cartographie de novembre 2019 des zones à risque du Burkina selon le consulat Français au Burkina Faso. Rouge: zone formellement déconseillée Orange: zone non recommandée, sauf pour raison obligatoire. Tout déplacement dans cette zone doit être accompagné de mesures de sécurité appropriées.

Les conséquences de l’insécurité croissante au Burkina, avec des attaques terroristes quotidiennes, deviennent très graves. Aux plus de 2 000 écoles fermées qui ont laissé dans la rue près de 400 000 élèves et sans emploi à plus de 9 000 enseignants, s’ajoutent plus de 80 centres de santé fermés, laissant sans service et dans une situation de santé et d’aide humanitaire lamentable , à une grande population de plus de 600 000 personnes, ainsi que le déplacement massif de plus de 500 000 personnes.

Dieu merci, pour le moment, Rimkieta, que je vous rapelle est une banlieue de la capitale, ne souffre pas des effets directs de telles attaques, mais je crains fort qu’il ne faudra pas longtemps pour commencer à héberger des personnes déplacées dans la capitale du pays.

Malheureusement, je sais pertinemment que de nombreuses ONG qui travaillent dans les zones attaquées ont de sérieux problèmes à poursuivre leur travail. Manos Unidas et Aviación sin Fronteras en font partie.

Et aussi nos chers amis de Yamlaminim (“Fais ce que le cœur te dicte”), dont je partage avec vous leur appel à l’aide, le considérant comme un reflet fidèle des conséquences de la situation croissante d’insécurité du pays et peut aider à se faire charge du scénario dans lequel nous vivons.  En plus, Sara et Gonzalo sont des amis qui nous sont cher.

On peut dire que l’objectif de la  FAR, de Yamlaminim et de beaucoup d’autres ONG, est le même. Il ne s’agit pas de compétition, il s’agit de travailler ensemble, donc si quelqu’un veut donner un coup de main à Yamlaminim, qu’il fasse ce que son cœur lui dit! 🙂

Chers amis de YAMLAMINIM, 

Je m’adresse à vous tous, qui, d’une manière ou d’une autre, nous soutiennent depuis 13 ans, pour demander à nouveau votre coopération afin de répondre aux nouveaux besoins posés par l’insécurité dans le pays. 

Étudiants de Comin Yanga parrainés par Yamlaminim qui ont dû se déplacer à Doutenga parce qu’ils ont fermé l’école de leur village

La spirale des attaques s’est intensifiée depuis 2016 jusqu’à atteindre des limites très graves en 2019. Rappelons qu’en mars 2018 avec Gonzalo, nous avons visité nos projets immédiatement après une attaque sur la capitale. Jusque-là, les problèmes les plus graves se trouvaient dans la région du Sahel, frontalière du Mali. Mais au cours de la dernière année, ils se sont étendus au reste du territoire, affectant également la province du Centre-Est, où se trouve la municipalité de Comin Yanga où nous avons la plupart de nos projets d’infrastructure: écoles, puits, bibliothèque, centres sanitaires, moulin ainsi que 52 garçons et filles sur les 147 étudiants parrainés. 

Cette situation a forcé la fermeture de nombreuses écoles en raison du manque d’enseignants, qui, par peur, ne veulent pas se déplacer vers les zones les plus dangereuses et exigent du gouvernement des détachements militaires pour les protéger. Une de ces écoles où les enseignantsne vont pas est celle du village de Comin Yanga. Pour que ces étudiants ne ratent pas le cours, nous avons été obligés de les inscrire ailleurs à plusieurs kilomètres de leur village, sur un itinéraire impossible à prendre tous les jours. Cela nous oblige à leur procurer, en plus du déjeuner, le dîner et l’hébergement. Pour loger ces garçons et filles, nous avons loué 6 chambres avec un coût total, par mois de 150 euros. En ce qui concerne le dîner, le coût par mois de tous s’élève à 336 euros, environ 0,3 euros par dîner. La viande et le poisson ne figurent pas au menu. Ce calcul nous donne une dépense supplémentaire par mois de 486 euros. A l’école de Doutenga, qui les a reçus d’une manière extraordinaire, nous demande les pupitres pour ces élèves.

Coopérative des femmes de Nobili, bénéficiaire des microcrédits de Yamlaminim
Gonzalo et Sara, dans l’une des salles de classe de l’école du village de Yarcin construite par Yamlaminim.

Le montant de ceux-ci s’élève à 1.050 euros. 

Nous avons également entrepris de renouveler les microcrédits aux coopératives de femmes, afin qu’elles continuent à financer leurs activités d’entrepreneuriat et à nourrir leurs familles. Un autre problème croissant est le manque de nourriture. La population se déplace et quitte les champs par peur. La crise alimentaire au Burkina est, selon l’ONU, ” une urgence humanitaire sans précédent “. Elle parle de 700 000 personnes dans une situation limite, mais je vous assure qu’elles sont  beaucoup plus nombreuses à souffrir de faim. 

La violence laisse également un demi-million de personnes sans soins de santé parce que les centres de santé sont abandonnés. Malheureusement, cette année, nous n’avons pas reçu la subvention pour le traitement du paludisme grave aux enfants de moins de 5 ans au Centre de santé de Comin Yanga, qui nous avait été accordée depuis 2009. Trente euros (30 euros) est la différence entre la vie et la mort pour un enfant atteint de cette maladie. Le résultat ces dernières année est une mortalité de 0 %. Sans notre aide, le pourcentage sera celui du reste du pays, 20%. Chaque année, nous traitions environ 150 malades. 

Comme vous le savez, YAMLAMINIM n’a pas de partenaires, ni de patronat, donc nous dépendons de votre générosité pour faire face aux dépenses supplémentaires des personnes parainnées dans les zones à risque, pour le traitement du paludisme et pour atténuer autant que possible la crise alimentaire dans les villages où nous travaillons. 

Avec une petite quantité, nous serons en mesure d’aider les personnes parainnées et les gens des villages qui n’ont que l’espoir que Yamlaminim leur tende la main.

Gonzalo et Sara, dans l’une des salles de classe de l’école du village de Yarcin construite par Yamlaminim.

Nous aurons également des calendriers 2020 à vendre, avec de superbes photographies, résumé des calendriers de ces dernières années. En raison de la situation dangereuse que nous vous avons décrite, et pour notre sécurité et celle de notre représentant, en 2019, nous n’avons pas été en mesure de voyager comme nous l’aurions souhaité et comme nous l’avons habituellement fait au cours des 12 dernières années. 

Merci beaucoup à vous tous de nous avoir lus et soutenus, Sara Caneda et toute l’équipe de Yamlaminim”

Pour plus d’informations : Sara Caneda (scaneda@telefonica.net – +34 607162 700)