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COVID-19 au Burkina : Ce qui nous attend !

Juin 11, 2020 | 0 commentaires

Dieu étreint mais n’étouffe pas, est un fait. Et nous devrions lui en être reconnaissants que, pour quelque raison que ce soit, puisqu’il existe plusieurs hypothèses à cet égard, aucune d’entre elles évidente, l’impact sur le Burkina de COVID-19 en termes de santé, est minime. Mais malheureusement, ce que nous ne pourrons pas éviter, parce que nous en souffrons déjà, ce sont les dommages collatéraux de la crise qui y conduira malheureusement toute la région subsaharienne dans sa première récession en plus de 25 ans.

Je sais qu’avec une moyenne de pas plus de 100 tests par jour, le nombre de contagion et de décès sont peu fiables. Mais je vous dis aussi que sur les plus de 1 500 bénéficiaires avec qui nous sommes en contact pratiquement tous les jours, seul le membre de la famille de l’un d’entre eux est mort du virus. Personne d’autre n’a eu de symptômes ou n’a souffert de la maladie. Au contraire, le terrorisme ici au Burkina continue de provoquer des fermetures d’écoles et de dispensaires et des milliers de personnes déplacées sans aucune attention minimale, au-delà de ce que leurs propres compatriotes, qui vivent déjà dans la misère, peuvent leur donner, et de causer, jusqu’à présent, beaucoup plus de morts que le COVID-19, en arrivant même à tripler ces données.

Funérailles du personnel militaire tué lors d’une attaque. Photo: STR-AFP

Je vous commentais dans le dernier post d’avril (https://www.amigosderimkieta.org/covid-19-en-burkina-conteniendo-la-respiracion/) que l’arrivée de la pandémie au Burkina m’a conduit à un état de retenue permanente. À ce jour, et vu l’évolution de la pandémie, avec un nombre de cas confirmés de contagion depuis le 9 mars de 890 et seulement 53 décès, je peux vous dire que je respire ouvertement à nouveau sur ce sujet. Bien que je retienne encore mon souffle pour de nombreux autres facteurs, tels que le terrorisme, ou la proximité des élections générales dans quelques mois, qui dans ces pays peuvent être une bombe à retardement, et bien sûr, en raison des dommages que la crise économique générale causera ici.

Dans son dernier rapport semestriel, la Banque Mondiale alerte que le très faible niveau de développement des pays d’Afrique subsaharienne, y compris le Burkina, est menacé par l’arrêt mondial causé par le COVID-19, et considère qu’il existe un risque important que cette partie du continent souffre d’une crise alimentaire.

Entrée à la maternelle, permettant aux parents de respecter plus facilement la distance sociale COVID-19

Selon ce rapport, la croissance des deux régions qui ont le plus progressé économiquement ces dernières années, l’Union Économique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (que composent le Burkina, le Mali, le Sénégal, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Bénin) et la Communauté d’Afrique de l’Est (composée du Kenya, de l’Ouganda, de la Tanzanie, du Burundi, du Rwanda et du Soudan du Sud) seront considérablement affaiblies en raison de la baisse de la demande intérieure et extérieure , ce qui s’ajoute à l’interruption des chaînes d’approvisionnement affectant la production nationale. Et bien sûr, les collectifs les plus vulnérables subiront les pires effets économiques de la pandémie.

La crise a déjà un impact inévitable sur certains donateurs de la FAR. De là, tout notre amour et notre soutien en ces temps difficiles. Mais ne vous inquiétez pas, car, comme toute autre entreprise en ces temps, dans la FAR, nous sommes plongés dans un processus de réflexion de notre mission et de nos projets à Rimkieta, pour nous anticiper et nous adapter, dès que possible, au nouveau scénario résultant du COVID-19, qui arrive dans tous les domaines, pour, comme toujours, réaliser le plus grand bénéfice et profit des familles les plus en besoin de Rimkieta.

Retour en classe des filles en formation à la FAR, avec masques et nouvelle distribution des tableaux pour respecter la distanciation sociale.

C’est le fait que, bien que le gouvernement ait décrété la fin du cours de maternelle avancé le 16 mars, date à laquelle tous les établissements scolaires du pays ont décrété leur fermeture en raison de l’arrivée de la pandémie, nous avons rouvert cette semaine la maternelle, en applicant rigoureusement, au cas où, les mesures visant à prévenir la propagation du virus, sur l’autorisation de l’Inspection de l’Action Sociale. Pourquoi ? Parce que, bien que dans la Maternelle Valencia nous “enseignons”, la chose vraiment transcendantale à propos de ce travail est de nourrir et de prendre soin de la santé de 300 enfants chaque année.

Le projet de formation et de réinsertion des enfants des rues et celui de la formation des filles non scolarisées sont également à nouveau en marche. Et dès qu’ils annuleront l’interdiction des réunions de plus de 50 personnes, l’une des dernières mesures prises par le gouvernement pour éviter la propagation du virus qui reste en vigueur, nous réactiverons également le projet de formation des jeunes aux valeurs, par le biais de l’entraînement sportif.

 

Tout cela après avoir soigneusement examiné les dépenses de chaque projet pour nous serrer, encore plus, la ceinture, et continuer à tirer le meilleur parti de chacun des euros qui, avec tant d’amour et de générosité, viennent à nous.

Nous continuons ! Avec patience, c’est-à-dire avec paix et science…