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Le Burkina toujours en queue de placement…

Avr 28, 2017 | 0 commentaires

Le rapport annuel correspondant à l’Indice de Développement Humain (IDH) 2016 du Programme de développement des Nations Unies vient d’être publié : Le Burkina Faso se trouve en position 185 des 188 pays de la table, devant seulement le Tchad, Le Niger et la République Centrafricaine. La quatrième par la queue… En 2014 le Burkina Faso était le pays, 181 des 187 et en 2015 le pays 183 de 188…  C’est-à-dire que dans une période de trois années nous sommes passés du 7ème au 4ème par la queue… Le plus triste n’est pas tant d’être à fin de la liste comme de ne pas avancer, étant chaque fois un peu plus en arrière…

'accès à l'ÉDUCATION : une salle sous toit de paille avec blocs en béton en manière d'un bureau...

Accès à l’ÉDUCATION : une salle en paillot, avec blocs en béton comme des pupitres…

L’IDH est un indice (http://hdr.undp.org/en/countries/profiles/BFA) qui tente d’évaluer et d’ordonner le développement humain de presque tous les pays du monde, à partir des indicateurs d’espérance de vie (au Burkina, 59 ans), de scolarisation (une moyenne d’1,4 ans de scolarité), du Produit National Brut (environ 1 400 $ US par personne) et ce jusqu’à une douzaine autres indicateurs qui essaient de tenir compte de l’inégalité, de la situation des femmes, de la concentration de pouvoir, de l’emploi, de l’indice d’homicides, etc..

Tout cela nous donne pour le Burkina un indice de 0,40 sur un maximum de 1, alors que, pour avoir une idée, en 2015 la Norvège, numéro 1 pendant des années, avait un indice de 0,95 ; Les Etats-Unis, en dixième place, 0,92 ; l’Espagne, 0,88 au poste 27 ; et ainsi jusqu’au Koweït, numéro 51, avec un indice de 0,80, qui ferme la liste de “très élevés IDH”. La liste des “IDH élevés” se termine au numéro 106, avec l’Ouzbékistan qui a un indice de 0,70. Viennent ensuite les 40 pays qualifiés de “HDI moyen” que le Pakistan ferme, avec le numéro 147 et un indice de 0,55. Les 41 derniers pays considérés “IDH bas” les ferment, en position 187, comme nous l’avons déjà dit, la République Centrafricaine, qui a un indice de seulement 0,35.

accès à la SANTÉ : un couloir d'urgences de la pédiatrie de l'hôpital public d'Ouagadougou

Accès à la SANTÉ : couloir des urgences de la pédiatrie de l’hôpital public d’Ouagadougou

Mis à part le fait que tout “classement” soit contestable (bien que ceux, comme celui-ci IDH des Nations Unies, disposant d’une méthodologie purifiée au fil de décennies, soient moins discutables, bien qu’avec naturellement leurs biais), l’importance de ce que nous tous faisons par la petite FAR est manifeste dans le fait que notre quartier Rimkieta (environ 45 km2 et environ 90 000 habitants) jouit aujourd’hui de quelque chose que le quartier voisin , Zongo, n’a pas et continue comme il y a dix ou douze ans : la FAR est un organisme sans but lucratif, qui s’occupe de milliers de personnes depuis le sentiment de solidarité et de générosité d’un millier d’autres personnes qui vivent presque toutes en Espagne. Il se peut que, sans ce que nous faisons entre tous, le Burkina serait encore pire dans les données à court terme. Mais je ne doute pas que Rimkieta serait bien pire sans cette mise sur le développement humain et social, objectif de ce que la FAR veut être. La peine est de ne pas pouvoir faire plus là-bas…

Car, faisons mémoire, la FAR ne veut pas grandir et être grande car son but est de persévérer et rester et cela requiert une grande prudence et modération pour assurer sa continuité.

Acceso al AGUA: un 28% de la población no tiene acceso a ella y la gran mayoría de los que tienen acceso, vive a más de 30 minutos a pie de la fuente más cercana.

Accès à l’EAU : 28 % de la population n’a pas d’accès à l’eau et la grande majorité de ceux qui ont un accès, vivent à plus de 30 minutes à pied de la fontaine la plus proche.

L’accès à l’EAU : 28 % de la population n’a pas d’accès à elle et la grande majorité de ceux qui ont un accès, il vit à plus de 30 minutes à pied de la fontaine la plus proche.

L’accès à l’EAU : 28 % de la population n’a pas d’accès à elle et la grande majorité de ceux qui ont un accès, il vit à plus de 30 minutes à pied de la fontaine la plus proche.

En dépit de ces chiffres peu prometteurs, car il semble que ce sont ceux qui avancent le moins… le Burkina Faso certainement progresse et le réalisme est ce qui importe : nous, les quelques centaines d’Amis de Rimkieta, n’allons arranger ni l’Afrique, ni le Burkina ou Ouagadougou, même pas notre propre quartier Rimkieta. Mais nous y avons planté une graine d’espoir et de progrès, de changement culturel et social, qui au long de plus de 13 ans a formé et donné une excellente opportunité de vivre avec une rétribution bien au-dessus de la moyenne du pays, le climat de travail, la sécurité, la formation à une cinquantaine des personnes employées et à une autre trentaine qui collabore professionnellement comme travailleurs indépendants ; ces personnes s’occupent directement d’environ 1300 femmes et enfants; et améliorent, d’une certaine manière, indirectement la qualité de vie de peut-être 12000 ou 15000 (c’est difficile à préciser) êtres humains de l’un de ces endroits de la terre particulièrement désavantagés, dans la certitude que ce que nous faisons chaque jour est là et ce qui vient demain, demain viendra, tant qu’à persévérer. C’est une tâche laborieuse et exténuante… mais elle en vaut la peine. Impossible d’estimer, difficile d’apprécier d’ici. Mais il suffit de demander à ceux qui, fiers et reconnaissants, vivent la FAR et font l’envie de leurs voisins…

Continuons, alors, il en vaut la peine. Et Merci à tous, une fois de plus, au nom de tout le monde.