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Pouvoir décider quoi faire avec vos enfants…

Fév 26, 2022 | 0 commentaires

Une femme à la porte de la maison avec ses enfants.

J’avais prévu un succulent premier post de l’année lié au redémarrage du projet de microcrédits que nous avons mené, mais j’ai été surprise par le coup d’État, et impossible de résister à écrire à ce sujet ! Après le mois de rigueur post coup d’État, le voici. Quiconque pense qu’un microcrédit est une “simple” aide financière qu’il lise, qu’il lise, parce que, bien au-delà, un microcrédit est une monnaie d’échange du statut de la femme burkinabé.

La crise de la COVID-19 nous a forcés à mettre certains projets en attente l’an dernier. Conscients que la crise est toujours d’actualité, mais motivés par une fin d’année 2021 meilleure que prévu, nous venons d’approuver le PAP (Plan d’Action et Budget) de 2022 qui comprend la réouverture du merveilleux projet de microcrédits.

La particularité des microcrédits que nous accordons dans la FAR, c’est qu’ils sont adaptés à la cruelle réalité des femmes analphabètes, qui non seulement n’ont pas de compte bancaire, sans parler d’un emploi permanent, mais aussi, fréquemment, même un DNI de base, nécessaire pour avoir accès au système de microfinance conventionnel.

Grâce au microcrédit, les femmes pourront entreprendre une petite activité génératrice de revenus, avec laquelle alléger la lourde charge familiale qu’elles supportent, et surtout, cela changera leur statut social qui leur permettra de décider elles-mêmes quoi faire de leur vie et de celle de leurs enfants, en cas de veuvage.

Bénéficiaire de microcrédit élaboration et vente de « rosquillas »

Et il y a encore beaucoup de pays dans le monde où les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes et le Burkina est l’un d’entre eux.

Ici, il y a “l’usage social” selon lequel, lorsqu’une femme est veuve, il se peut que tous les biens du couple fassent partie de la famille du mari, y compris en tant que “possession” sa propre personne et ses enfants. Pouvez-vous imaginer quelque chose comme ça ? Car cela peut être encore pire, car si le patriarche de la famille du mari ne peut pas prendre en charge toute la cellule familiale, il peut la répartir entre différents membres du clan familial. Mais si la femme a montré au clan, à la communauté, qu’elle est capable de générer des revenus qui lui permettront de s’occuper des enfants, alors elle peut décider quoi faire, comme je l’ai dit, en cas de veuvage. Et, dans tous les cas, une femme avec une certaine autonomie économique a une considération sociale, tacite ou explicite, différente d’une autre femme sans cette qualité.

Et ne disons rien de ces quelques femmes qui sont capables de créer un, deux ou plusieurs emplois en plus du leur! Celles-ci viennent à augmentent généralement les montants d’un deuxième et d’un troisième crédit jusqu’à plusieurs centaines d’euros qui soutiennent les besoins de trésorerie de l’expansion qui soit.

Réunion de formation pour un groupe de femmes bénéficiaires de microcrédit.

Face à cette réalité, nous avons accordé plus de 1 100 microcrédits, avec un taux de retour de 99%, à des femmes en situation d’extrême pauvreté et d’exclusion, contribuant ainsi à favoriser leur développement professionnel et l’égalité des chances.

Les microcrédits, d’une moyenne de 115 €, qui sont restitués tout au long de l’année et dont le “capital la FAR” réinvestit dans de nouveaux microcrédits, sont accordés individuellement aux femmes organisées en groupes d’un minimum de 20 femmes, sans garants ni garanties extérieures au groupe lui-même. Il a été démontré que le fait que les femmes soient regroupées pour ce type d’aide financière facilite la formation, le suivi, la solidarité et la cohésion entre les femmes bénéficiaires.

En plus de l’aide financière elle-même, le microcrédit donne aux femmes l’accès à un compte d’épargne sans commission et elles reçoivent une formation continue sur les questions financières de base (gestion du microcrédit, ventes, gestion des stocks, comptabilité de base, épargne, gestion des activités rémunératrices, etc.) et sociales (prévention des maladies, violence domestique, droits civils, etc.).

Tissage des bénéficiaires du microcrédit

Le paysage de Rimkieta est parsemé de femmes entreprenantes. Certains se consacrent à l’élaboration et à la vente, à la porte de leurs maisons, de nourriture ou de boisson ; d’autres derrière un “étal” vendant des légumes, des fruits ou des condiments dans la rue ou au marché; d’autres tirant un chariot destiné à la vente itinérante de bois de chauffage ou de charbon de bois; et n’y manquant pas les tisseuses, postées avec leurs machines manuelles rudimentaires (dans le sens le plus pur du terme).

Commencer l’année avec un plan d’action qui comprend un peu plus de 20 000 € pour accorder environ 200 microcrédits est une véritable bénédiction. Mille mercis du fond du cœur à vous tous qui rendez cela possible ! au nom de toutes les femmes bénéficiaires !