L’ombre d’un arbre est le lieu par excellence pour rencontres et réunions. Elles sont les témoins des réunions où des décisions sont prises et se résolvent tout type de conflits, s’organisent mariages, communions, baptêmes et funérailles et, sans aucun doute prennent racine les meilleures siestes.

Ombre arbre plantation FAR 2013

Ombre arbre plantation FAR 2013

Rimkieta a besoin d’arbres, pour ces réunions et siestes, et bien plus important encore, pour les nombreux bénéfices pour la nature. Les pluies au Burkina sont torrentielles et peu de minutes suffisent pour tout inonder. Il y a à peine une semaine 4 personnes sont décédées et plus de 2000 familles sont restées sans foyer (qui était fait de pisé et l’eau l’a emporté), à cause de l’orage. La cime des arbres attrape l’eau et amortis la chute, et leurs racines l’absorbent, diminuant les nombreuses flaques, nids de moustiques et par conséquent, de la malaria.

Chaque année, avec l’arrivée des pluies, au printemps-été, nous mettons en marche la nouvelle plantation d’arbres. Nous venons de faire décompte du total d’arbres plantés depuis le début du projet en 2008. Des 7100, il en reste 4234 en vie… L (les 50 premiers arbres il y a  déjà huit ans, ils les ont taillés pour le bois dont ils ont besoin pour cuisiner ; les terribles inondations de 2009 (http://amigosderimkieta.blogspot.com.es/2009/09/graves-inundaciones-en-burkina-faso.html) arrachèrent la plantation cette l’année et de la précédente… ; et, malgré la protection que nous faisons, les animaux ont mangé le reste de ceux qui manquent… désolant, parce que nous ne nous limitons pas seulement à planter l’arbre, nous l’arrosons deux fois par semaine et y mettons de l’engrais et tout le nécessaire pendant deux ans… Beaucoup de travail pour arriver à ce qu’un acacia arrive à faire une ombre de 4 ou 5 mètres de diamètre, trois ou quatre ans après.

Nouvelle protection de briques d'adobe ravalées avec du ciment

Nouvelle protection de briques d’adobe ravalées avec du ciment

Mais aucune inondation ou animal vont nous rendre et cette année nous revenons à la charge avec 600 arbres et, avec une nouvelle protection de briques de pisé ravalées avec du ciment. Nous comptons avec l’engagement des voisins, ceux qui à l’époque les taillèrent pour le bois… et qui aujourd’hui nous demandent de planter dans leurs rues. Et ce changement est une grande victoire.

Les difficultés pour faire quoi que ce soit, bien que facile en apparence, ne manquent pas dans ce merveilleux pays, et les protections d’adobe est tout un défis. Le fournisseur de briques qui ne s’acquitte pas de son obligation des 1000 par jour accordées dont nous avons besoin… ; le transporteur des briques qui nous pose un lapin sans nous prévenir pour aller cultiver au champs ; trouver un nouveau transporteur et négocier le prix que nous avions réussi à avoir avec l’autre est une mission impossible, faisant que le devis initial s’envole… ; mais le prix du ciment baisse, on ne sait pas pourquoi, et ça se compense… Le bon Dieu serre la corde autour du cou, il serre, il serre, mais ne va pas jusqu’au bout !

Quand nous plantons un arbre, nous le faisons en pensant à l’environnement de Rimkieta, à ses rues, à ses familles, qui les verront pousser devant la porte de chez eux, et à toutes les décisions que l’arbre abritera. Chaque arbre planté est un arbre qui nettoie l’air, qui apporte de l’oxygène, qui rafraîchit les rues, et j’ai même lu que les voisinages et foyers avec végétation sont plus pacifiques que ceux qui n’en n’ont pas… Donc il n’y a pas de doute que continuer à planter des arbres en vaut la peine, malgré les petits obstacles sur le chemin!